Sortir de l’ère du prêt-à-jeter

On n’est pas assez matérialistes 

On dit toujours que la société est matérialiste. Je fais partie du « on ». Mais en même temps, on ne l’est pas suffisamment. 

Il y a une dizaine d’années, les designers ont commencé à vendre des jeans skinny. Les tailles des pantalons des femmes ont remonté, elles qui dévoilaient les strings avant. Et on s’est toutes mises à porter des chandails plus lâches. On a aussi commencé à acheter des pantalons de yoga. 

Mais il y a cinq ans, la mode s’est plutôt tourner vers les pantalons jambes larges. Les magasins se sont mis à s’en procurer, mais les femmes n’étaient pas prêtes à abandonner leurs jeans skinny. 

Il a fallu une couple d’années, et de grands renforts de publicité, pour que tranquillement, les femmes commencent à se tourner vers les pantalons larges. Et ce faisant, le reste de la garde-robe suit. Un changement de mode aussi radical exige une toute nouvelle garde-robe. sous-vêtements inclus. Les chaussures, les chandails et le reste doit changer aussi. C’est le début d’un temps nouveau. 

En achetant le nouveau, tout le vieux est à jeter.

Avant, la mode se déroulant sur quatre saisons. Aujourd’hui, il y en 52. Légères altérations, nouvelles couleurs. Chaque fois des kilomètres de tissus, des heures de main-d’oeuvre bon marché, des soldes quand les nouveaux produits entrent, et ainsi de suite. 

Nous achetons, nous jetons, nous donnons. 

Remontons il y a quelques décennies, nous avions peu de vêtements, ils étaient souvent fait sur mesure, ou commandés dans un catalogue plusieurs semaines avant sa réception. Et nous l’entretenions. Nous cirions nos chaussures, nous reprisions nos bas. Teindre, ajuster, réparer, passer à l’enfant suivant…

On se dit matérialiste, mais nous n’avons plus aucun respect pour nos objets. Et en même temps, nous désirons plus que tout en acquérir. Pour faire une collection, j’imagine. 

Cette industrie du prêt-à-jeter a des conséquences sur nous, notre portefeuille, notre environnement, nos emplois, les conditions de vie de travailleurs à l’autre bout du monde. 

Et pourtant, financièrement, on devrait se poser la question : est-ce que c’est réparable ? Ai-je besoin de le remplacer vraiment ? Est-ce que je peux le louer, l’emprunter ? Est-ce que je l’utilise assez pour justifier que je le possède ? 

Dernièrement, j’ai mis beaucoup d’objets en vente. En faisant le tour des placards, je suis toujours un peu déçue quand je vois tous les vêtements non portés, les hobbys en devenir qui ne se sont jamais matérialisés. Je suis déçue d’avoir fait entrer dans ma vie des objets de passage qui ont été stationnés chez moi en attendant de prendre le chemin du bac de dons, de l’article Kijiji. 

Pour moi, l’argument de poids a été l’argent. Que voulez-vous, je suis sentimentale quand on me prend par le porte-monnaie. Mais qu’on le prenne par n’importe quel bout, il y a très peu de monde qui gagne à vivre dans un monde jetable. 

Et ultimement, on a tout à perdre. 

Une réflexion sur “Sortir de l’ère du prêt-à-jeter

  1. Au delà de l’argent, j’ajouterais l’écologie. Personnellement, j’use mes vêtements jusqu’à la corde, coûte que coûte. Je préfère « sauver la planète » que d’avoir un look parfait, saison après saison. Cela étant dit, je ressens parfois des jugements… de plus en plus rarement. Je pense que c’est de plus en plus accepté, de voir quelqu’un avec des vêtements usés ou plus dépareillés.

    Et oui, l’argument économique entre en jeu, je le considère également. 🙂

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