Deux manières de détruire la motivation

Dans toute tentative de perte de poids ou de remise en forme, il y a ce truc, cet état que l’on appelle le plateau.

C’est un moment où, malgré les efforts, les résultats refusent obstinément d’apparaître. Tanné de se faire bouleverser dans son statu quo, le corps s’en crée un lui-même.

Le plateau est le deuxième plus grand obstacle à la motivation. Le premier étant, bien sûr, de tout simplement faire le premier pas vers le changement.

Quelques mois après ma décision de payer mes dettes, je peux fièrement affirmer que les nombres rapetissent devant mes yeux. J’ai remboursé, depuis le début, près de 4000$.


Les petites dettes étant disparues, j’en suis maintenant à repayer la marge de crédit, dont le taux d’intérêt est significativement plus bas que les autres dettes. On peut dire que la situation est devenue beaucoup plus gérable.

Et c’est là le problème.

L’intensité de départ n’est plus que l’ombre d’elle-même, et au fil et à mesure que le rouge disparait, ma motivation aussi.

Sur-réfléchissant à ça, j’ai remarqué qu’il y a deux circonstances particulières qui font que la motivation fond comme neige au soleil (message subtil à Sénor Météo) :

1- Tout va très bien

Quand tout va bien, que tout se place, on devient confortable.

À travers ma longue carrière scientifique (j’ai toujours ben fait mon Cégep AVEC maths), j’ai remarqué que la masse d’un corps est proportionnelle à son inertie.

L’enfant, ou l’animal, qui dort gagne aisément 20 livres de plus. À preuve, la difficulté qu’on a à essayer de les déplacer.*

Quand tout va très bien, j’ai l’impression de recevoir l’approbation de l’univers. Pourquoi alors changer une formule gagnante ?

La plénitude a ses avantages mais elle est loin d’être moteur de changement et d’innovation.

Pourtant, les instants confortables sont des occasions en or de se préparer pour les temps plus durs. Il est bien plus facile de se priver un peu maintenant que de frapper le mur plus tard.

2- Tout va très mal

À l’opposé du spectre, quand tout va mal, c’est le désespoir qui entre en jeu, vêtu de son t-shirt sur lequel est écrit «Fuck it».

Il y a deux ans, en faisant mon budget, je réalisais que même si je restais hyper frugale, mes dépenses excédaient mes revenus de 300$ par mois.

300$ dans le rouge, à tous les mois. Et ça, c’était sans compter les imprévus.

À cette époque, j’ai flirté lascivement avec le «fuck it». À quoi bon me priver maintenant si le futur ne sera guère mieux.

Le sacrifice ne fait aucun sens dans cette situation.

Je comprenais alors l’intérêt d’acheter de l’alcool et des cigarettes sur un budget ridicule. À un avenir morose, il est facile de lui préférer un présent hédoniste et auto-destructeur.

Ça prend une lumière au bout du tunnel pour savoir vers quelle direction aller.

Et pour qu’elle apparaisse, il faut savoir prendre soin de soi pendant les moments sombres. Pas de cette manière hédoniste axée sur le court terme, mais en plaçant quelques bonnes bases qui font du bien maintenant, et qui vont servir de fondation plus tard : retourner aux études, agrandir son cercle social, développer une routine d’exercice…

Quand l’ouragan frappe, ce n’est pas le temps de réparer le toit. On s’inquiète d’abord pour notre sécurité, on se barricade et on attend que ça passe.

Et heureusement, ça finit par passer.

*Fake news : une preuve anecdotique basée sur le ressenti n’égale pas un fait scientifique avéré

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