Apprendre à dire oui

Dans l’univers des finances personnelles, on trouve une méchante belle gang de crinqués.

Leurs récits sont impressionnants. On voit les titres dans les vidéos et les publications : « J’ai remboursé 100 000 $ en 1 an », « 50 000 en deux ans sur un salaire de 30 000 $ », etc.

Ce que j’adore de ces textes et vidéos, c’est l’espoir qu’il me donne. Ainsi que le gros coup de pied dans le c***.

Au début, ma dette me semblait monstrueuse, gigantesque. Et même si je connais le dicton : « Comment mange-t-on un éléphant ? Une bouchée à la fois », voir d’autres personnes s’attaquer à des dettes aussi gigantesques et en arriver à bout m’a incité à prendre une première bouchée.

Ils m’ont permis de voir que c’était possible.

Le plus dur est toujours le premier pas. Pour les suivants, on a un momentum. Mais comme pour un marathon, une fois qu’on a commencé à courir, maintenant le défi, c’est de se rendre au fil d’arrivée.

(Avertissement : les paragraphes qui suivent contiennent beaucoup de métaphores de course à pied.)

Rembourser ses dettes ressemblent beaucoup à courir un marathon. Quand on commence, l’énergie nous pousse, on est motivés. Mais plus on avance, plus notre énergie diminue, notre motivation aussi. Ça devient un défi d’endurance. On réalise qu’on est seul par rapport à nous-mêmes. On sait qu’à n’importe quel moment, on pourrait abandonner. On sait aussi que la plupart des gens nous trouvent un peu fou de se faire mal à ce point-là.

Et comme tout bon marathon, si on part en fou, on le ressent rendu au bout.

Je suis impressionnée par ceux qui sacrifie gros et qui coupe dans le gras, le muscle et l’os pour réaliser leur défi. J’ai vu des histoires de gens qui ont vendu leur maison pour vivre dans leur voiture, j’en ai vu qui ont tout vendu ce qu’il possède, qui n’ont pas été au restaurant pendant 3 ans, qui ne se nourrissent que de beans et riz. Qui combinent trois emplois et travaillent 80 heures semaine pendant un an.

C’est impressionnant. Mais qu’arrive-t-il au fil d’arrivée ?

Quand on recommence à délier les cordons de notre bourse, que se passe-t-il ? Risque-t-on de retomber dans les mêmes mauvaises habitudes ?

Autant je trouve ces récits inspirants, autant je les trouve dangereux. Ça me fait penser à ces publicités pour des régimes amaigrissants. Perdez 40 livres en un mois… On sait que dès la fin du régime, les kilos reviennent. Parce qu’on n’a pas adopté de nouvelles habitudes, on s’est simplement fait souffrir pendant un moment.

J’ai réalisé assez tôt que ce n’était pas pour moi. Je travaille très fort pour réussir mon défi, c’est vrai. Mais j’ai vraiment l’impression que rendu au bout, ma vie ne changera pas beaucoup.

Je ne risque pas de devoir me tirer dans les magasins dès la fin du défi. J’ai tout ce dont j’ai besoin. Je n’ai sacrifié que le surplus et tranquillement, j’ai appris à vivre sans. Il n’y a rien qui me démange.

Faire un tel défi m’a beaucoup appris à dire non, à ne pas me laisser guider par mes désirs. Sauf que, pendant tout ce processus, j’ai aussi appris à dire oui. À faire des choix, sans culpabilité.

4 réflexions sur “Apprendre à dire oui

  1. Je pense que tu mets le doigt sur la plus chouette chose à retenir des mois/années de gestion serrée: après autant de temps à faire la part des choses, à analyser nos besoins de façon critique, on ne revient pas aux mauvaises habitudes à grands galops! Il se dégage forcément des surplus du budget et… ah ben là, ça devient fun. 🙂

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    1. J’ai donc ben hâte 🙂 Déjà, je vois les sommes importantes que j’arrive à dégager pour le repaiement et j’ai hâte qu’elles m’appartiennent.

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  2. Lorsque tu cours un marathon, tu as le droit de t’arrêter au stand des petits gels sucrés, du Gatorade et des bananes. Ça aide à terminer la course, et à ne pas s’écraser au fil d’arrivée. Pour ma part, je vise la réalisation d’un marathon, pas très vite, mais de manière assez constante pour y arriver, dans un temps que je considère juste. Comme ça, je suis sur que je n’abandonnerai pas en chemin.

    Et oui, quand tu arrives au km 35, ça peut devenir tentant de reprendre les habitudes d’autrefois… ou non. Ça devient tellement intégré, qu’un mauvais choix financier devient une hérésie. Par exemple, c’est devenu normal pour moi d’épargner une partie de mon salaire à chaque paie, tout comme il est normal de choisir les aliments non emballés à l’épicerie. Et de trainer ma tasse réutilisable dans les cafés.

    À+

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