L’effet Diderot, où la spirale du neuf

Peu d’entre vous le savent, mais dans mon ancienne vie, j’ai suivi le chemin des Lettres à l’université. À ma deuxième année de baccalauréat, j’ai travaillé pour un Centre de recherche sur le 18e siècle, plus particulièrement : Diderot. 

Aujourd’hui, je peux me vanter d’être une des rares personnes à avoir lu intégralement son œuvre (ce qui ne fait absolument aucun effet dans les partys, sinon que des coups d’œil désespérés de mes interlocuteurs envers une tierce personne pour les sortir de là). 

Au-delà de son intérêt littéraire et philosophique, j’ignorais cependant que le bonhomme avait inspiré une théorie économique sur la consommation : l’effet Diderot. 

Actuellement, tous ceux qui emménagent dans une nouvelle résidence risquent d’en être victimes. L’étendue de la tempête ne dépend que de vous. 

« Mais là, accouche! C’est quoi l’effet Diderot ? », me demandez-vous. 

Voici l’histoire : 

À 52 ans, Diderot, qui avait jusque là vécu dans une certaine pauvreté, reçoit une nouvelle robe de chambre de Madame de Geoffrin.

Le problème, c’est que sa nouvelle robe de chambre, si belle, lui montre, par comparaison, à quel point ses autres possessions sont vieilles et laides. Il n’y avait alors « plus de coordination, plus d’unité, plus de beauté ». Dans les semaines qui suivent, il s’achète de nouveaux meubles pour tenter de redonner l’unité à son logis. 

Au-delà de l’unité, on peut y voir aussi la classique inflation du niveau de vie, qui fait que nos dépenses augmentent au même rythme que nos revenus. 

Mais l’effet Diderot va plus loin. Il implique que nos possessions sont partie intégrante de nous-mêmes. Et que de faire entrer un nouvel objet, qui détonne avec le reste, nous incite à réévaluer tout ce qu’on possède déjà.

C’est la raison pour laquelle, souvent, quand on déménage, on a envie d’acheter de nouveaux meubles, de nouveaux objets de décoration. On se renouvelle, et donc, on renouvelle nos possessions. 

J’ai vécu ça il y a quelques années. Les pièces de ma nouvelle maison étaient immenses et mes anciens cadres paraissaient ridiculement petits. J’ai donc acheté de nouvelles peintures, plus grandes. J’ai ensuite modifié la décoration autour…

Le nouvel objet déclenche une spirale de consommation. « J’étais le maître absolu de ma vieille robe de chambre; je suis devenu l’esclave de la nouvelle. »

Voici donc quelques questions à se poser pour éviter l’effet Diderot : 

  • Ai-je vraiment besoin de cette nouvelle possession ?
  • Est-ce qu’elle s’harmonise avec ce que je possède déjà ?

Et si on choisit de faire entrer du nouveau, mieux vaut retarder les autres achats pour au moins quelques semaines, le temps de laisser l’effet se dissiper 😉

Avez-vous déjà été victime de l’effet Diderot ?

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