Dis-moi qui tu es, je te dirai combien tu vaux


La semaine dernière, nous avons parlé des stratégies pour gagner du trafic. Certains moyens sont «legit» et d’autres moins.

Mais au final, qu’est-ce que ça change à nos vies qu’un compte soit suivi par 1 million d’abonnés plutôt qu’un autre ?

Voilà une belle question légitime. Et la réponse tient en deux volets : l’argent et l’approbation sociale.

Suivons l’exemple des influenceurs, si une jeune femme est suivie par un million d’abonnés, son «personal brand» est validé de deux façons. Plus son nombre d’abonnés est grand, plus son compte rapporte de l’argent.

En moyenne, un influenceur chargera une entreprise 1000 $ pour une publication sur sa chaîne pour chaque 100 000 abonnés. Plus le nombre d’abonnés est grand, plus la publication vaut son pesant d’or. Ce type de marketing est si efficace, que les marques peuvent espérer toucher un profit onze fois plus élevé en utilisant ce type de marketing.

Pour les publicitaires, l’intérêt de s’associer à un influenceur est double. D’abord, il rejoint facilement son audience par influenceur interposé, souvent pour une fraction du prix d’une campagne traditionnelle (c’est l’influenceur lui-même qui produit la «campagne», même si les compagnies ont et cherchent le plus souvent possible à avoir leur mot à dire). Aussi, il profite du lien de confiance et d’authenticité entre l’influenceur et son public.

Après tout, si un tel s’associe à cette marque-là, c’est qu’à quelque part il doit l’utiliser, non ?

En guise de comparaison, seulement 3% des consommateurs vont acheter un produit recommandé par une célébrité. Mais si ce même produit est recommandé par un «self-made influenceur», ce chiffre grimpe à 30%.

La business de l’authenticité

Aujourd’hui, le marketing de sa personne n’est plus réservé à l’élite, et ce, même s’il utilise encore les mêmes codes. Le self-made influenceur continue, pour la plupart, d’être jeune, beau et d’arborer les attributs de la richesse (il voyage, il est bien habillé, il mange au restaurant).

Mais il présente en plus cette image d’accessibilité. Il est comme nous autres…

Et avec un petit effort, toi aussi, tu peux être comme lui.

C’est là tout le génie derrière le marketing sur Instagram : l’inaccessible accessible.

Les stars, malgré tout leur bon vouloir, présente un style de vie que l’on sait impossible pour la majorité des gens. Mais, la star Instagram, elle, présente un style de vie qui pourrait être le tien, si seulement… tu te procurais ce produit, tu adoptais cette habitude, tu t’habillais ainsi…

Et si seulement, toi aussi, tu devenais populaire sur Instagram.

Vendre sa recette

En plus de vendre des produits, les blogueurs, Youtubeurs et vedettes Instagram vont souvent vendre «leur recette». En résumé, montrer comment devenir riche sur Internet est une bonne façon de devenir riche sur Internet.

Le business des séminaires, des tutoriels vidéos et du mentorat va bon train. L’idée de base, c’est que tout le monde peut devenir célèbre, si seulement il utilise les bons ingrédients, qui se vendent souvent à prix d’or.

En janvier dernier, Caroline Calloway a subi les foudres de la presse et des critiques après avoir annulé une série de séminaires sur la créativité. Ces formations, qui se vendaient 165$ pour quatre heures, devaient inclure un café, un journal personnalisé, et une formation sur la créativité et la construction de son image.

Sans salle réservée d’avance et avec une planification déficiente, la tournée a été annulée. Ceux qui ont eu «la chance» d’assister au séminaire ont réalisé qu’il ne valait aucunement le prix.

Rebaptisé le «Fyre Festival 2», le fiasco n’est pas sans rappeler l’original. Pour ceux qui n’ont pas eu le grand plaisir d’écouter l’un des deux documentaires sur Hulu et Netflix, le Fyre Festival était ce grand coup marketing, qui vendait l’idée d’un festival de musique sur une île privée, en compagnie de mannequins. Publicisé par des petits génies des réseaux sociaux, le festival a attiré une foule compacte d’influenceurs qui souhaitaient profiter de cette occasion unique.

Mais derrière la campagne, il n’y avait qu’un feu de paille. Les résidences privées promises n’étaient que des tentes détrempées. Le buffet royal n’était que des sandwichs aux tranches Singles. Et tous les groupes de musique ont annulé leur présence.

Le tout-Twitter a observé le désastre en temps réel, non sans un sourire en coin. Des influenceurs qui se font avoir par une campagne basée sur l’image… l’ironie était assez appréciable.

Le fondateur du défunt «festival» purge actuellement six ans de prison pour fraude.

À la suite du fiasco, nombreux ont été ceux qui ont blâmé les influenceuses Bella Hadid, Kylie Jenner et autres pour leur participation à la campagne marketing.

Le noeud du problème, c’est que la majorité de celles qui ont participé à vendre le festival n’a jamais indiqué qu’il s’agissait d’une campagne pour laquelle elles avaient été payées. Les festivaliers croyaient donc, à tort, qu’elles allaient être présentes sur l’île.

Actuellement, les règles se resserrent autour du marketing d’influence pour forcer les «vedettes» à indiquer qu’il s’agit d’une publicité dans leurs publications commanditées.

Mais il ne faut pas s’y méprendre, il n’y a pas qu’en payant les influenceurs que les marques réussissent à faire parler d’elles. Les gratuités pullulent dans ce domaine, des cadeaux envoyés par la poste aux nuitées gratuites dans des hôtels. Certains influenceurs peuvent d’ailleurs se faire une belle petite fortune en revendant des objets qu’ils ont reçus gratuitement.

#Mavieestmeilleurequelatienne

Si on s’éloigne pour un instant des lois du marché, on entre dans une toute autre forme de marketing :

Le lifestyle porn, c’est comme ça qu’on décrit cette tendance de vendre, non plus, des produits, mais un style de vie. Et ce style de vie n’a rien de bien nouveau : la jeunesse, la richesse, le loisir, la beauté et la santé.

Devinez quoi, ça aurait l’air que quand on additionne tout ça, on devient plus heureux. Qui l’aurait cru ?

Trop de gens apparemment. Pour des usagers fréquents d’Instagram, la comparaison fait mal, augmentant les troubles de santé mentale, comme la dépression, l’anxiété et les troubles alimentaires.

Partie 3

Une autre avalanche de contenu pour vous aujourd’hui, ma gang de chanceux. Dans quelques jours, ne manquez pas la conclusion de la série :

«La gratuité, combien ça coûte ?»

2 réflexions sur “Dis-moi qui tu es, je te dirai combien tu vaux

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